mercredi 30 avril 2014

Les rythmes de l'enfant , ne pas perdre de vue l'essentiel.

 

Ne pas perdre de vue l'essentiel : les rythmes de l'enfant 
Après avoir pris connaissance des « adaptations » envisagées par le ministre de l'Education nationale, l'Observatoire des rythmes et des temps de vie de l'enfant et des jeunes (ORTEJ) rappelle que la question des « Rythmes scolaires » doit bien s'inscrire dans le cadre d'une politique qui respecte au mieux l'enfant et ses rythmes, sa réussite et son épanouissement. Aussi est-il demandé aux responsables des « nouvelles expérimentations » d'être attentifs aux aspects essentiels du respect des rythmes de l'enfant, cruciaux pour l'ORTEJ, aspects qui sont résumés dans les quatre recommandations formulées ci-dessous.
- La journée de six heures expérimentée depuis plus d'un siècle a montré ses limites à travers les résultats des différentes enquêtes internationales. Il est aberrant d'autoriser son maintien pour quelques raisons que ce soient. Il est important que cette journée soit régulièrement plus courte. L'aménagement du calendrier scolaire ne peut s'envisager que dans cette optique.
- Le vendredi après-midi doit exclusivement être réservé aux enseignements. En effet, plus la coupure du weekend est longue, plus la reprise des apprentissages scolaires est difficile. De plus si tel n'était pas le cas, les activités complémentaires de l'école n'étant pas obligatoires, la coupure du week-end se ferait ressentir encore plus longtemps (lundi, mardi matin) et plus négativement (fatigue, performances scolaires plus faibles).
- Toutes les petites vacances, notamment celles d'automne, durent deux semaines. Il a été montré que seul un minimum de deux semaines de vacances permet le repos et la détente.
- Les évaluations des « nouvelles expérimentations » en matière d'aménagement ne se limitent pas à des statistiques. Elles doivent étudier la qualité des apprentissages » et également les conséquences sur les comportements et les rythmes de vie des enfants dans et en dehors de l'école.
Sans la prise en considération des quatre clauses précédentes, l'ORTEJ considère que « les nouvelles expérimentations » ne respectent pas les « rythmes naturels d'apprentissage et de repos des enfants afin de favoriser la réussite de tous à l'école primaire », conformément au décret du 24 janvier 2013.
Contact presse : François TESTU : 06 38 67 30 22

L'ORTEJ a pour objectif principal de développer les échanges, les analyses, les évaluations et les recherches scientifiques pour une meilleure prise en compte des rythmes de vie et des besoins éducatifs des enfants et des jeunes.
L'ORTEJ est composé entre autres de :
L'ANDEV, l'ATPS, la CASDEN-BP, la FDDEN, les EEDF, la FCPE,
l'équipe recherche Société, Education, Travail (U. de Tizi-Ouzou), l'OCCE, le SE-UNSA, le SGEN- CFDT, le SIEN, le SNPDEN, l'Université de Tours.
A.Carayon (personne qualifiée), R.Clarisse (M.C. Université de Tours), J.Durand (Directeur honoraire de l'IUFM d'Orléans-Tours), S.Estaun (P.U, Université Autonome de Barcelone), G.Fotinos (Inspecteur général honoraire de l'EN- Chercheur), N. Le Floc'h (M.C. Université de Tours), L. Marouf (M.C. Université de Tizi-Ouzou), A. Reinberg, Chronobiologiste, Fondation Rothschild), F.Testu (P.U. Chronopsychologues, Université de Tours) Paris, Y. Touitou, (Chronobiologiste, P.U, Pitié Salpêtrière).


Communiqué de l'ORTEJ du 29 avril 2014

dimanche 6 avril 2014

Le regard inquiétant de l'ergonome sur les classes

Lu dans le café pédagogique

Les écoles sont-elles adaptées au corps des enfants ? 
Ou au contraire posent-elles des problèmes de santé ? 

Ergonome, Catherine Bonnety travaille en entreprise à améliorer l'adaptation des postes de travail à la santé des salariés. Mais c'est aussi une mère de famille qui visite école et collège. Sans que ces visites puissent représenter une étude représentative, les constatations  de C Bonnety mettent ce que nous savons tous dans une perspective de santé qui intéressera les élus des CHSCT et les enseignants en général, sans parler des parents...

Rencontrée au congrès de l'AFPSSU, une association qui regroupe des infirmières, assistantes sociales et médecins scolaires, Catherine Bonnety, ergonome, croise pour nous ses constatations dans une école et quelques collèges avec les normes de santé existantes. A défaut d'ergonome au sein de l'éducation nationale, et sans prétendre faire des ces constations une véritable enquête officielle, les constatations de C Bonnety interrogent l'Ecole.

Aux casques !
 "Si les élèves et les enseignants étaient des travailleurs régis par le Code du travail, tous porteraient des casques acoustiques en permanence", explique C Bonnety. Elle a effectué un relevé du niveau du bruit dans une école primaire sur toute une journée. La valeur moyenne est de 79 db. Or à partir de 80 db, le code du travail impose le port d'un casque. Cela peut monter à 126 db. On est en moyenne au dessus des 55 db qui est la barre pour un travail exigeant de la concentration. Autrement dit il y a bien un problème de santé sur le plan auditif dans les écoles pour les enfants et les enseignants. Pour C Bonnety il faudrait au minimum qu'il y ait une bonne isolation acoustique dans les locaux nouveaux. Il en va de la santé mais aussi de la capacité de concentration des élèves.

Scoliose et lordose entrent à l'école
 C Bonnety a constaté qu'une part non négligeable du mobilier scolaire à l'école reste composée de blocs chaise et tables reliées entre eux.  Les enfants ne peuvent pas ajuster ce mobilier à leur morphologie. "Or on a tous besoin de régler le mobilier à notre corps", explique-t-elle. Cela concerne aussi les enseignants. Elle a observé de longues stations debout près du tableau, une situation qui est mauvaise pour la santé. "Si les enseignants étaient régis par le code du travail ils seraient en droit de réclamer des sièges d'assise haute, comme des tabourets, pour se reposer régulièrement".

Lumière et toilettes
 La qualité de l'éclairage est aussi fort variable selon les établissements. Il faudrait au moins 300 lux dans les salles de classe. L'usage du Tableau Blanc Intéractif dans des salles sans rideaux a souvent aggravé les choses. 
C Bonnety ne développe pas la question des toilettes qui vient de faire l'objet d'un rapport officiel. 
"Si les enseignants et les élèves étaient dans une entreprise, ils pourraient exiger un cabinet et un urinoir pour 20 hommes et 2 cabinets pour 20 femmes. Les toilettes doivent être nettoyées au moins une fois par jour et disposer de papier, savon, essuie mains".

Pour C Bonnety cette situation s'explique par la complexité administrative des établissements scolaires avec un personnel d'Etat et des locaux généras par des collectivités territoriales.  "On impose des règlements aux entreprises en matière de santé au travail. Il est regrettable que l'Education nationale, à qui on confie nos enfants, n'ait pas de règles", dit C Bonnety. "Il faut au minimum que les constructions neuves suivent les normes officielles".


François Jarraud